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Johann Georg Hamann → Senel
London, 14. Januar 1758
ZH I, 234
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de Londres ce 14. Janv. 1758.

Entwurf
Monsieur,

Il est très naturel de se defier autant d’un homme, qui nous est inconnu,
que de celui que nous ne connoissons que par ses endroits foibles. Je Vous
crois dans le premier cas vis à vis de moi; mais c’est avec mortification, que
je me trouve moi-meme sous des preventions plus fortes à l’egard de Vous.
Neanmoins je Vous suppose Anglois, je veux dire, Monsieur, que ce grain
de reflexion, cette touche de sentimens, qu’on pense si essentiels au
caractere de Votre Nation, mes rassurent sur le pas difficile, que je m’en vais
faire. Agreez en retour de me supposer homme, tel qui malgré son air sombre
et misanthrope a cultivé cet instinct de l’humanité, qui nous appelle à faire
tout le bien et à empecher tout de mal, que nous pouvons.
Vous prenez un brouillard, que le jour vient de percer, pour une nuit
à couvrir les Secrets de Votre honte et un Mystère d’iniquité – – Vous Vous
amusez – – sur le bord d’un gouffre – – avec un monstre –. Malheur à tout
enfant gaté et ingrat, qui ose jetter une main parricide sur l’Ordre de la
nature, de cette mere sage et bienfaisante, de cette tendre nourrice – – –!
J’ai etudié l’homme, Monsieur; le degré, au quel le coeur humain peut
s’avaler, et la portée, à laquelle il est capable d’atteindre, me remplissent
tour à tour de crainte et d’envie. Cette connoissance a donné à mon esprit
des plis bien serieux. Ajoutez-y quelques revers de mon Sort en Vous
resouvenant de ce qu’un de Vos Genies a dit:
A thinking Soul is punishment enough
But when ’t is great and wretched too;
Then ev’ry Thought draws Blood.
Dryden.
Me voici dans un pays etranger abandonné de toute ressource et de tout
appuy. L’amitié, graces au ciel! je n’ai jamais connu que celle qui est fille
de la Vertu et Soeur d’un vrai Bonheur, cette Amitié a eté la guide et la
compagne de ma première jeunesse. Helas! il m’a fallu encore languir ici
sans ses conseils, sans ses soulagemens, sans ses secours. Je vois perir mon
peu de talens comme une vigne faute d’autre echalassé. Enfin ce
qui fait le comble de mon chagrin j’ai eté forcé, en depit de moi-meme,
de me depayser sur le compte d’un seul – – que j’ai pratiqué ici avec toute
la bonne foi d’un honnete homme et avec toute la delicatesse d’un ami.
J’ai à rougir à present de notre familiarité et je m’en dois faire les reproches
les plus humiliantes. Après m’avoir rendu si souvent le martyr de sa
stupidité et de sa bassesse, la duppe de sa fanfaronnade et de son
effronterie, il s’est lassé lui-meme de sa masque, et moi, j’ai eu le degout et le
desespoir de l’attraper dans sa forme reelle. Prenez garde de Vous-meme
et de ce que Vous avez à craindre d’un vilain, qui se vend soi-meme à des
fantaisies les plus monstrueuses – – qui fait sans doute un usage digne de
Votre liberalité – – qui Vous a trahi mille fois par son indiscretion et par
ses mensonges – – Croyez un Dieu vengeur des crimes (le Diable meme
sauroit-il croire moins?) croyez-le, dis-je, et tremblez!
Je ne saurois entrer dans aucun detail ni de mes sentimens, ni de mes
decouvertes. Le Ton de cette Lettre Vous apprendra bien aisement, qu’elle
se fonde sur des preuves, dont la vuë et l’ouverture Vous feroit peut-etre
glacer. L’accueil, que Vous ferez à celle-ci, reglera mes mesures. Ce n’est
pas une lettre anonyme; la medisance ni le ressentiment n’en sont point
les motifs. Je veux satisfaire et l’homme en question et Vous, si le
contenu de cette lettre
Vous jugez le contenu de ces lignes digne de Votre
attention ou le depositaire de quelques faits et papiers, qui Vous
interessent, digne de Votre egard. Ne brouilliez rien, je Vous en supplie; il y a trois
personnes, que Vous devez menager. C’est lui, c’est Vous-meme, c’est moi.
Je finis cettre lettre enveloppée et accablante avec un avis et un
Compliment hardi, dont Hamlet se servoit dans un Situation à peu près egale à
la mienne
Repent what ’s past, avoid what is to come
And do not sprend the compost on the weeds
To make them ranker. Forgive me this my Virtue
For in the fatness of these pursy Times
Virtue itself of Vice must pardon beg
Yea, curb and woo, to do for leave to do it good.
Je suis avec une Consideration infinée.
zu Hs. London-Reise siehe
Hamann, Gedanken über meinen Lebenslauf
, LS S. 338ff.; einen Versuch zur Ermittlung der realen Personen und Begebenheiten bietet Fechner (1979).


Monsieur vll. Leonard Sené, siehe Fechner (1979), S. 13.
Hamann, Gedanken über meinen Lebenslauf
, LS S. 339: »er gab sich [...] für einen deutschen Baron von Pournoaille aus, hatte eine Schwester in London, die [...] vermuthlich von dem Russisch[en] Abgesandt[en] unterhalt[en] ward und unter dem Namen einer Frau von Perl einen Sohn hatte«.





















Dryden, Oedipus
, Akt 3, Sz. 1, V. 4–6






























faits et papiers
Hamann, Gedanken über meinen Lebenslauf
, LS S. 340: »Er [Senel] hatte mir einen Pack Briefe längstens anvertraut, die er abzufordern vergessen hatte ungeachtet ihrer vorgegeb[enen] Wichtigkeit v die ich ihm auch nicht ich weiß nicht aus welcher Ahndung zurück gegeben ohne daß es mir jemals eingefall[en] war sein Vertrauen zu misbrauch[en]. Sie waren sehr loos versiegelt, ich konnte jetzt der Versuchung nicht wiedersteh[en] aus selbig[en] Gewisheit zu hab[en]. Ich erbrach solcher daher [...] Ich fand leyder! zu viel um mich von seiner Schande zu überzeug[en]. Es waren abscheul. v. lächerl. Liebesbriefe, deren Hand ich kannte, daß sie von sein[em] vorgegeb[enen] gut[en] Freunde waren. [...] Ich wollte mich ihm entdecken v meine Vorstellung[en] desweg[en] mach[en], daher ließ ich mir gefallen auf den vorig[en] Fuß wiewohl ohne dem Herzen mehr mich wieder einzulassen. [...] Wie ich ihn darüber schien ruhig gemacht zu hab[en], glaubte er sich meiner allmählich mit gutem Fug entziehen zu können. Ich kam ihm zuvor und hatte eine andere Entschlüßung gefaßt, an den Engl.[änder] den ich kannte, selbst zu schreib[en], um ihm die Schändlichkeit v Gefahr seiner Verbindung[en] mit seinem Nebenbösewicht vorzustellen. Ich that dies mit so viel Nachdruck, als ich fähig war, verfehlte aber meines Endzweckes, an statt sie zu trennen, vereinigt[en] sie sich um mir den Mund zu stopf[en].«






Shakespeare, Hamlet
, Akt 3, Sz. 4, V. 150–155







Provenienz:
Druck ZH nach den unpublizierten Druckbogen von 1940. Original verschollen. Letzter bekannter Aufbewahrungsort: Staats- und Universitätsbibliothek Königsberg, Msc. 2552 [Roths Hamanniana], II 69.

Bisherige Drucke:
Gildemeister I 122.
ZH I 234–236, Nr. 107.