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Johann Georg Hamann → Unbekannt
London, 24. Januar 1758
ZH I, 240


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Entwurf
S. T.

Voici Votre lut, dontu quel j’ai toujours refusé le present don; Vos
boucles, que Vous m’avez offert d’une maniere si gauche, qui me les a fait
toujours dedaigner, et que je les j’ai presenté par cette raison plusieurs
fois à Votre fille Dulcinée; et un livre, qui n’a jamais eu une place entre
les miens – –
Je Vous ai rendu justice dans les deux lettres, que j’ai ecrit sur Votre
sujet. La derniere visite, que Vous m’avez payé avec quelques Shelings
avant-hier, à mis le sceau à l’idée, que j’ai donné de Vous. Je suis degouté
de m’entrenir plus longtems avec Vos folies; je m’en suis servi comme un
malade prend Opium pour etourdir un mal plus cuisant – – Il n’auroit pas
valu la peine de venir me voir; je suis assez convaincu, que Vous etes un
imbecille, pour m’en donner encore des preuves. C’est avec le meme sang
froid, que se peux m’ entendre d’un Prince m’appeller fou d’un prince,
que et chien de Francois d’un galant homme, qui me rencontre à la ruë.
Un bon-mot, dont on fait une femme la depositaire, n’est pas un secret
assez digne d’etre relevé; mais Votre foiblesse d’esprit Vous fait
manquer toujours Votre le but. Pour le languages des Halles, dont Vous Vous
etes prevalu contre moi, c’est un defaut de moeurs, qui est trop
particulier à la Canaille, ce ne sont que les lieux communs des coquins. Je
ni debaucherai jamais ma bouche comme Vous, pour la rendre l’Echo
de Vos injures et des bassesses, dont ne Vous ne savez meme rougir.
Vous savez entendez ce que je pouvois mettre en parallele de vos diners..
Mes bagatelles emporteroient peutetre la balance sur les votres. Ce fut
pour Vous ranger, pour mettre Votre belle à l’abri des poursuites de
Cadet, que je poursuivois ce garçon-la. Ce fut à l’egard de Vous que je
fus mal aise de n’etre point satisfait – – Je Vous fis un rapport de cette
affaire, au lieu de m’etre obligé pour ma bonne intention, Vous m’
ecrites la lettre la plus stupide, la plus grossière. Cela me piqua, je Vous
repondis dans un ton ironique. Je me
recommendois à Votre Protection,
que Vous m’aviez promis pour me vanger d’un malheureux, qui ne
me regardoit point du tout, et que j’aurois dedaigné negligé sans
Votre egard. Pour Vous parler sans figure, je Vous ai fait plusieurs
amitiés, dont Vous n’avez jamais rien compris et qu’on ne sauroit
comprendre sans avoir un coeur fait pour les sentir. He’s for a Jig or
tale of Bawdry, or he sleeps
. Laissez Vous expliquer ce motto par
Votre fille;
parceque’il renferme les bornes de Votre esprit et de Votre
jugement. Je me respecte trop moi-meme pour entrer dans un detail de
toutes les vilainies, que Vous avez craché l’autre jour dans un chambre chez
moi, avec cet air, avec une cette contenance pitoyable, qui ne convient
qu’à des ecoliers, qui bravent la verge de leurs fessiers. Ce n’est pas mon
sang, mais mes principes, qui me rendent poltron; mais je Vous connnois tel
par temperament par flegme d’ame par lacheté de coeur – – En cas de
convenance je saurois manier une
chasse – mouche ou un fleau correctif
mieux, que jamais aucun Baron de Pournoaille les armes de sa noblesse.
J’ai e n’ai point abusé de Vos pris garde de n’abuser point Vos
confidences. Pour celle de Vos tableaux
j’ay ai eté forcé parce que je
Vous ai toujours soupçonné d’avoir fait croir. Mr. Shist que Vous
m’aviez donné ce coffre et ces livres, qu’il
a vus chez Vous. Je Vous
pourrois Vous satisfaire sur tout le reste de ma conduite envers Vous – –
mais je ne veux perdre ni mon tems ni ma peine. Ce seroit
du Grec pour
Vous. Vous comprenez à present la verité de ce que je Vous ai dit tant
de fois; que Vous n’aurez jamais un vrai ami, parceque Vous n’en etes
pas indigne
de n’avoir. Un honnete homme risque beaucoup avec un
villain; mais vous voyez que celui-ci a encore plus à craindre d’un
homme de probité. Je defie à présent tout Votre esprit d’intrigue; c’est
à dire, toute Votre insolence de mentir, de medire, de tromper – car ce
sont les seules armes, dont Vous pouvez Vous servir contre moi. Je
m’en suis moqué, etant Votre ami; j’ose à l’heure qu’il est en rire tout
hautement sous Votre barbe.
Mais voici les dernieres epreuves de mon bon-vouloir que je Vous
porte. Profitez en, s’il Vous plait. Vous ne savez Vous pas, combien je
serois en etat de Vous nuire, mais il faut que Vous sachiez aussi;
combien peu je suis enclin à le faire – – J’ai des ressources, dont ne Vous ne
Vous doutez point – – Ne Vous perdez point Vous meme par Votre
indiscretion, par Votre folie et par Votre mechanceté. Un coeur corrompu
et mechant comme le Votre manque toujours de lumieres pour voir ses
interets.
Communiquez la lecture de cette lettre à celui qui Vous a fait lire les
siennes. Je m’en vais faire les honneurs du jour qu’on fete ici – – Helas.
Je Vous abandonne à Votre honte, à Vos remords, à Vos reproches,
à la vengeance du Ciel et de la Nature – – Que je Vous plainds. Si Vous
n’en sentez rien; tant pis pour Vous. Je suis Votre trés sincere Serviteur.
ce 24. Janv.

S. T. an ihn hatte H. sich gewendet, um sich in London mit dem Lautenspiel zu beschäftigen, vgl.
Hamann, Gedanken über meinen Lebenslauf
, LS S. 338f. Zur London-Reise siehe auch Fechner (1979).




Dulcinée wohl nach Dulcinea del Toboso, Don Quijotes eingebildeter Geliebten in Miguel de Cervantes Roman.


lettres wovon Brief 107 und 108 die Entwürfe sind











languages des Halles vulgäre Sprache der Fischmarkt-Hallen von Billingsgate in London

















vgl.
Shakespeare, Hamlet
, Akt 2, Sz. 2, V. 531f.










Baron de Pournoaille
Hamann, Gedanken über meinen Lebenslauf
, LS S. 339; zum erlogenen Baronat Fechner (1979), S. 14.






























Provenienz:
Druck ZH nach den unpublizierten Druckbogen von 1940. Original verschollen. Letzter bekannter Aufbewahrungsort: Staats- und Universitätsbibliothek Königsberg, Msc. 2552 [Roths Hamanniana], II 69.

Bisherige Drucke:
ZH I 240–242, Nr. 109.

Textkritische Anmerkungen:
Der Brieftext wurde anhand der überlieferten Quellen (vgl. Provenienz) kritisch geprüft. Notwendige Korrekturen gegenüber dem in ZH gedruckten Text wurden vorgenommen und sind vollständig annotiert. Die in den beiden Auflagen von ZH angehängten Korrekturvorschläge werden vollständig aufgelistet, werden aber nur dann im Text realisiert, sofern diese anhand überlieferter Quellen verifiziert werden konnten.
241/14 parceque’il
Geändert nach Druckbogen (1940); ZH: parcequi’el  Korrekturvorschlag ZH 2. Aufl. (1988): parcequ’il
241/21 ou
ZH: on  Korrekturvorschlag ZH 1. Aufl. (1955): lies ou  Korrekturvorschlag ZH 2. Aufl. (1988): ou
241/21 chasse – mouche
Korrekturvorschlag ZH 1. Aufl. (1955): lies chasse-mouche  Korrekturvorschlag ZH 2. Aufl. (1988): chasse-mouche
241/24 j’ay
ZH: j’ay Korrekturvorschlag ZH 2. Aufl. (1988): j’ ay
241/26 a vus
Korrekturvorschlag ZH 2. Aufl. (1988): a vue
241/28 du Grec
Geändert nach Druckbogen (1940); ZH: du Crec  Korrekturvorschlag ZH 1. Aufl. (1955): lies du Grec  Korrekturvorschlag ZH 2. Aufl. (1988): Grec
241/31 de n’avoir
Korrekturvorschlag ZH 1. Aufl. (1955): lies d’en avoir  Korrekturvorschlag ZH 2. Aufl. (1988): d’en avoir
241/7 recommendois
Geändert nach Druckbogen (1940); ZH: recommdendois  Korrekturvorschlag ZH 2. Aufl. (1988): recommendois